Marie Demers : une femme d’écriture et de voyage

Marie-Demers crédit François Couture

Rencontre avec Marie Demers

auteure du roman Les désordres amoureux

Première lecture du Club de lecture Carnet & Notes

 

Lorsque j’ai contacté Marie Demers pour lui annoncer que son roman Les désordres amoureux était la première lecture de mon club de lecture Carnet & notes, elle fut enchantée par l’idée. Elle a gentiment accepté de discuter avec moi de son œuvre. Approchez-vous, le café littéraire commence ! ☕️


Mylène Viens : Peux-tu nous expliquer comment le projet d’écriture des Désordres amoureux a commencé ?

Marie Demers : Mon premier roman, In between, n’était pas encore sorti et je suis partie 2 mois et demi en Colombie. J’avais l’idée de reprendre un ancien projet et dans l’avion, quand je lisais ce que j’avais, je ne trouvais pas ça très bon… J’aurais pu le travailler, mais je le sentais pas… Donc là, je partais et je ne savais pas ce que j’allais écrire… J’ai alors repris un autre truc que j’avais écrit, qui était très autofictionnel, et je me suis dit que j’allais aller là-dedans. J’aime parler de voyages et j’avais envie de parler de ma quête d’écriture. C’est là que c’est devenu une partie de style essai, quand je parle d’écriture, et une partie dans laquelle je parle de ce qui ne marche pas au niveau amoureux dans ma vie. C’est venu assez naturellement en fait. Une fois que j’ai commencé à décortiquer tout ça, ça s’est fait tout seul ! J’ai vraiment écrit là-bas une centaine de pages en 2 mois et demi. Après, je suis revenue et je l’ai retravaillée.

Dirais-tu que ce roman c’est l’éternelle quête d’un bonheur parfait, autant dans l’écriture que dans la vie sentimentale ?

Oui, exactement, c’est le roman de l’éternelle insatisfaction de l’être. Éternelle insatisfaction dans tous les domaines de la vie de Marianne. Ça reflète aussi qui je suis. C’est un syndrome générationnel, je crois, de toujours chercher quelque chose de plus et de ne jamais être satisfait. Je le vois beaucoup autour de moi, c’est comme ça que je sens ma vie.

Les désordres amoureux - Éditions Hurtubise
Les désordres amoureux – Éditions Hurtubise

Dans tes romans, le voyage prend beaucoup de place et est primordial pour les personnages principaux. Dans ta vie personnelle, quelle place occupe le voyage ? Est-ce que tu es d’accord avec le dicton disant que le voyage forme la jeunesse ?

Pour moi, c’est super important. Dans ma vie, j’ai toujours voyagé. J’ai été en Inde, en Asie du Sud-est, en Europe, en Amérique du Sud… Les voyages permettent de te donner du recul sur toi-même, je trouve. Tu tombes dans la position du spectateur. Tout est neuf, tout est inédit. Déjeuner devient un moment excitant, tandis que mon bol de céréale à Montréal, je trouve ça plate… Le voyage c’est l’émerveillement ponctuel, c’est ça que j’aime.

Par rapport au personnage de Marianne, le voyage lui donne un recul de contemplation, non seulement sur son environnement, mais sur elle-même aussi. Le voyage c’est un peu sa thérapie, une façon de se retrouver.

Les désordres amoureux, tout comme ton précédent roman, est une autofiction. Qu’est-ce qui t’a amené vers ce style littéraire ?

Il m’est arrivé quand même beaucoup d’histoires abracadabrantes. Pour In between, je me suis inspirée de ça. Quand ça t’arrive, tu te dis : « ben non, ça ne se peut pas, c’est des histoires de films ! » Pour le deuxième, Les désordres amoureux, je n’avais pas nécessairement l’intention de faire ça en autofiction, mais ça s’est fait tout seul. J’avais beaucoup de choses à dire. J’étais fâchée de certaines relations, de comment j’avais été traité, j’avais envie d’en parler et d’être critique face à tout ça, parce qu’on s’entend que Marianne n’est pas parfaite non plus. J’avais envie de parler des relations, pas dans l’aspect rose bonbon, parce que c’est pas ça les relations… J’avais envie de parler de la réalité des relations, dans ce qu’il y a de plus beau et de plus laid.

Justement, dans le roman il y a plusieurs passages crus à propos de la sexualité et des relations éphémères. Ça doit être libérateur de les écrire, mais est-ce difficile de les voir publiés par la suite ?

Non, moi ça ne me dérange pas. C’est difficile à écrire des scènes de sexualité, sans que ça soit trop choquant pour rien ou que ça tombe dans le trop quétaine. Je me suis beaucoup pratiqué, notamment avec ma nouvelle érotique dans Pulpe de Stéphane Dompierre, donc ça va. J’aime ça parler de ça, j’ai pas beaucoup de pudeur à ce niveau-là. C’est ça la réalité, c’est comme ça que ça se passe. Un moment donné, faut se dire les vraies affaires !

Depuis la sortie des Désordres amoureux en octobre, quel regard poses-tu sur ton œuvre ?

Je suis fière de ce que j’ai fait, je suis fière de mes 2 romans. Je trouve que je parle de choses qui sont vraiment importantes d’une façon qui est neuve. Je porte un regard qui est différent sur les choses. Je suis contente, je trouve que c’est un beau livre aussi.

Je ne peux passer sous silence la présence d’Henri 4, le pug de Marianne. On tombe littéralement sous son charme…

Marie Demers et Henri 4 - Crédit Marie-Pier Lavoie photographe
Marie Demers et Henri 4 – Crédit Marie-Pier Lavoie photographe

Oui ! En plus, j’ai longtemps hésité à intégrer Henri dans mon roman adulte, parce qu’il faut dire qu’il est déjà un personnage-clé dans ma série jeunesse Marie Demers, mais… Henri c’est un personnage de ma vie. J’avais besoin d’en parler et je trouve que ça met un peu de légèreté dans ce roman qui peut être parfois lourd. Marianne lui donne des surnoms, je trouve ça drôle, c’est mignon. Dans tous ses désordres amoureux, au moins, il y a Henri 4, le chien fidèle et parfait !


Plusieurs projets à venir

Vous avez été séduits par la plume de Marie Demers et vous en redemandez ? L’auteure travaille actuellement sur plusieurs projets, dont quelques-uns devant demeurés secrets pour l’instant. En attendant, elle poursuit sa collection jeunesse Marie Demers et songe déjà à un autre roman adulte. À surveiller ! 😉

 

Laisser un commentaire