Les têtes bouclées – Claude Lamarche

Finaliste au Prix Coup de cœur littéraire 2016 de la Ville de Gatineau

Tout a commencé par un petit cahier bleu dans lequel une lointaine grand-tante avait écrit l’histoire de sa famille. Un petit cahier bleu qui est rapidement devenu le point d’inspiration pour l’écrivaine Claude Lamarche, et ce, dès son plus jeune âge. « J’étais petite, je lisais le petit cahier bleu et je trouvais ça tellement triste pour ces jeunes orphelins qui n’avaient pas eu la chance de mieux connaître leurs parents », me confie l’auteure.

L’envers du décor

Le projet de ce roman a germé longtemps dans la tête et le cœur de Mme Lamarche. Ce deuxième tome, d’une éventuelle trilogie, relatant l’histoire de ses ancêtres à débuter tout bonnement en 2004. « Ça a commencé en 2004, quand j’ai fini un livre, et que je me suis demandé qu’est-ce que j’écrirais bien ensuite. J’avais déjà écrit sur mon père, mais ma mère aussi avait une histoire intéressante : ces arrière-grands-parents étaient irlandais. » En effet, la mère de Mme Lamarche avait hérité d’un livre bleu écrit par sa grand-tante religieuse qui relatait toute la généalogie de sa famille irlandaise. « Je suis partie de ce petit livre bleu là, dans lequel il y avait des dates, des noms, des photos sur la famille Deguire, mes ancêtres », m’affirme fièrement l’auteure.

Résumé

Les Têtes bouclées (2015) raconte l’histoire de la progéniture des deux Irlandais qu’on a pu connaître dans le précédent roman de l’auteure, le tome 1 de la trilogie, Les Têtes rousses (2011). Même s’il se veut la suite de l’ouvrage paru en 2011, Les Têtes bouclées est une œuvre complète en soi qui nous plonge dans la vie d’une grande famille irlandaise qui s’installe au Québec dans le début des années 1900.

Ce roman vous invite dans les hauts et les bas de cette grande famille, celle de Léopold, le personnage principal que l’on suit tout au cours de sa vie dès l’âge de 4 ans et demi. À travers les années, de 1899 à 1963, nous suivons le parcours de ce jeune homme à la tête plutôt bouclée que rousse (en référence au sang irlandais qui se mélange au fils des générations) dans le pensionnat, durant ses vacances près du lac et lors de la naissance de sa jeune famille.

Comme dans toutes les familles nombreuses, la mort est omniprésente, toujours prête à frapper sans crier gare, dans la vie de Léopold qui devient rapidement orphelin. Malgré tous ces tourments que la vie lui impose, celui-ci réussit néanmoins à devenir un homme bien et un bon père de famille que son aînée aimera presque inconditionnellement.

À l’aide de plusieurs mots recherchés, qui nécessitent parfois un vif regard dans le dictionnaire, on apprend à découvrir cet univers qui sent la campagne et la terre mouillée. Prenant place au début du XXe siècle, lors des deux grandes guerres mondiales, la peur, le rationnement et l’esprit catholique teintent la trame sonore de ce roman.

Mon avis

Bien que ce roman n’ait pas de quête principale, Les Têtes bouclées raconte l’histoire d’une époque. C’est comme si l’on avait dressé le portrait d’une réalité, une réalité parfois dure et crue, mais toujours vraie, sans fla-flas ni artifices.

Ce n’est peut-être pas un roman de grand divertissement, mais c’est de toute évidence un roman qui capte l’attention et dont on s’imprègne rapidement de l’univers. C’est avec regret et un regard songeur que j’ai quitté le petit Léopold, maintenant rendu grand, à la fin du récit.

Extrait

« Il savait désormais, il le sentait du haut de ses presque quinze ans, que son adolescence, ce temps de questionnement et de rébellion, prenait fin. Sa liberté serait dans le devoir. Il ne serait pas un héros, ni dieu ni diable. Il laisserait les batailles entre Irlandais et Canadiens français aux évêques et aux politiciens. Dans le plus grand respect de chacun, il serait un homme de famille. »

— Claude Lamarche. (2015). Les Têtes bouclées. Gatineau : Éditions Vents d’Ouest. p. 73

À propos de l’auteure

Claude Lamarche, auteure du roman « Les têtes bouclées »
Claude Lamarche

Enseignante de profession, Mme Lamarche a toujours baigné dans le monde des mots. Elle se souvient que les plus belles journées passées à la maison étaient celles où elle et ses frères et sœurs se réunissaient au salon pour lire.

À l’âge de 26 ans, au début de sa carrière de professeure, celle-ci décide de faire le grand saut et de prendre 2 ans de congé sans solde pour voir si elle peut vivre de sa plume. Pendant cette période de temps, elle réussit à publier quelques livres, mais retourne finalement enseigner en raison de la triste réalité des auteurs. Elle poursuit tout de même divers projets d’écriture en parallèle à travers des articles dans les journaux et sur son blogue, la mise en place des Éditions de la Petite-Nation, la révision de textes et bien sûr la rédaction de quelques manuscrits.

À vous de voter!

La première génération de cette grande famille irlandaise ayant été finaliste pour le Prix littéraire Le Droit en 2012 avec Les Têtes rousses, espérons que Les Têtes bouclées remportera les honneurs cette année au Prix Coup de cœur de la Ville de Gatineau. C’est à vous qui décidez! Vous avez jusqu’au 11 novembre pour aller voter dans les différentes bibliothèques municipales.

 

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1 Comment

  1. Claude Lamarche 16 octobre 2016 at 12 h 37

    J’aime bien ton billet et ta façon d’aborder le sujet: autour de l’auteur et autour du livre.
    Petite précision: nous étions bien quatre à la maison, mais c’était les deux parents, mon frère et moi. Je n’ai pas de sœur et qu’un seul frère. Je dis ça comme ça.
    Merci encore d’avoir parlé de ce roman et bonne suite pour tes prochains billets.

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