La lumière n’éclaire pas toujours ce que l’on croit…

Tout n’est jamais aussi clair et tranché comme on le croit. Les humains regorgent de mystères et de transgressions insoupçonnées, voici ce que révèle le dernier roman de Michel-Rémi Lafond, La lumière de l’été n’éclaire pas toujours ce que l’on croit, publié chez les éditions l’Interligne. Je me suis mise à la lecture de ce roman dès sa sortie le 1er mars dernier. J’ai par la suite eu la chance de discuter avec le créateur de cet univers si particulier.

laLumiereC1_RGB300dpiUn petit résumé

Dans La lumière de l’été n’éclaire pas toujours ce que l’on croit, nous suivons le destin de deux hommes, Rodolphe et Didier, à travers leur journal respectif. Rodolphe, un sexagénaire célibataire passionné par les arts et la littérature, se promène entre l’Europe et le Québec pour poursuivre ses projets artistiques. Didier, un jeune homme dans la vingtaine, tente de percer dans le monde de la musique et prend quelques mois de congé pour s’investir dans ce grand projet. À tour de rôle, ceux-ci nous racontent leur journée et nous livrent leurs émotions de l’été entre le 15 juin et le 15 septembre. Leur récit est entrecoupé de passages narratifs qui permettent de créer des liens entre les deux univers.

Cette œuvre pose un regard sur les questions de l’amour et du désir entre deux êtres humains que tout sépare. Ces deux hommes, aux destins si distincts, n’auraient jamais dû se rencontrer. Les choses se sont toutefois déroulées autrement et une rencontre dans le brouhaha d’un aéroport a bouleversé la suite des événements. Lors d’un premier diner entre ces deux inconnus, trois questions clés ont scellé la suite de leurs aventures. (Voir extrait)

 

Extrait

Journal de Didier (le jeune musicien)

Le 4 juillet

« Puis nous avons discuté, de mes déboires amoureux, de mes passions dont la musique reste la principale, de mes projets à court, à moyen, à long terme. Il me regarda droit dans les yeux et me posa trois questions auxquelles je devais répondre par oui ou non : « Possèdes-tu un permis de conduire valide ? Peux-tu quitter ton hôtel rapidement, c’est-à-dire demain midi ? Es-tu prêt à m’accompagner lors des prochaines semaines ? » Je lui ai donné trois réponses affirmatives. »

— Michel-Rémi Lafond. (2017). La lumière de l’été n’éclaire pas toujours ce que l’on croit. Ottawa : Les Éditions L’Interligne. p.151-152

 

L’espace-temps

@ Michel-Rémi Lafond
@ Michel-Rémi Lafond

Cette histoire aborde de grands thèmes immortels, tels que l’amour, le désir, la mort, l’art, la vieillesse… et surtout le temps. Le passé, le futur, le présent. Simplement le temps qui passe. J’ai questionné l’auteur à ce sujet: est-ce que le temps serait une obsession pour lui? « Non, me répond-il immédiatement. Mais, comme dirait mon ami Emmanuel Kant dans la Critique de la raison pure : Le temps et l’espace sont des aprioris. Je ne peux pas faire fi de l’espace et du temps. Il faut vivre avec et travailler avec, c’est ce que je fais. Je travaille avec le temps et l’espace. »

Des allusions à notre Vieux-Hull

Tout au cours de l’histoire, le lecteur peut suivre l’itinéraire des personnages principaux. Que ce soit en Europe ou au Québec, Michel-Rémi Lafond a pris soin de bien nommer les lieux. Ainsi, nous nous retrouvons en plein cœur du Vieux-Hull, au Petit Chicago, au Troquet, aux 4 jeudis, aux Brasseurs du temps, au parc de la Gatineau et l’on fait même allusion au Festival de l’Outaouais Émergent.

« J’habite à Gatineau et je suis très fier de Gatineau! »

— Michel-Rémi Lafond

« Pour moi, l’important, quand les gens lisent un livre, c’est que ça fasse référence à des lieux qui existent, poursuit l’auteur. Tous les lieux mentionnés ont été l’objet de mes visites. » Après la lecture de ce roman, on peut donc affirmer que Michel-Rémi Lafond est un grand voyageur! Il m’a notamment affirmé avoir visité près de 55 pays à ce jour.

Son inspiration

Écrit il y a quelques années en seulement trois mois — du 15 juin au 15 septembre, la période même où l’histoire prend place —, le manuscrit a longtemps été laissé sur la glace. Michel-Rémi Lafond a finalisé son projet littéraire lors d’un voyage en 2013.

Grand lecteur, l’auteur s’est inspiré d’une de ces lectures : Le cimetière de Prague d’Umberto Eco. C’est à ce moment que l’idée de faire cohabiter deux journaux personnels en côte à côte lui est venue.

Ce que j’en pense

Audacieux serait le bon mot pour décrire ce roman. Michel-Rémi Lafond nous amène dans un univers particulier, unique, sans précédent. Abordant des thèmes parfois lourds, comme la mort et la maladie, l’ambiance passe rapidement de la lumière à l’ombre. Plus l’histoire se développe, plus un nuage s’immisce au-dessus des personnages principaux qui voient leur destin chamboulé à tout jamais. Nous imaginons une épée de Damoclès se pointer au-dessus de la tête des personnages. Un roman qui réussit tout de même à nous garder en haleine jusqu’à la fin.

 

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Michel-Rémi Lafond. (2017). La lumière de l’été n’éclaire pas toujours ce que l’on croit. Ottawa : Les Éditions L’Interligne.

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