Raconter Vanier : un projet rassembleur

Notre village devient souvent le lieu de nos plus belles histoires, des plus tristes aux plus émouvantes. Notre quartier devient le décor de notre vie et les racines de notre quotidien. Pour rendre hommage à tous ces lieux, 36 auteurs, mais surtout 36 citoyens fiers de leur patelin se sont réunis pour créer le collectif Raconter Vanier publié chez les éditions David.

 

Le projet

Jury composé du chroniqueur Denis Gratton, du directeur général Marc Haentjens, de l’auteur Jean Boisjoli et de la responsable du projet Véronique Sylvain
– Crédit Camelia

C’est suite au concours Racontez-nous Vanier, dans lequel les citoyens étaient invités à raconter un moment de leur vie rattaché à ce quartier, que les éditions David ont fait la sélection des textes de ce recueil.

Résultat : 35 histoires écrites par 36 auteurs, autant des amateurs que des professionnels.

Que ce soit un souvenir de famille, une rencontre marquante ou une habitude qui nous lie à ce quartier, toutes les histoires sont bonnes pour dévoiler Vanier sous un nouveau jour et montrer que celui-ci est bien plus que la fameuse rue Montréal.

L’image d’une communauté

Pour mettre une image à tous ces moments, quoi de mieux que le décor de ce quartier lui-même? Sur la couverture nous retrouvons l’Avenue Beechwood, bien connue à Vanier, sous les traits de l’artiste-peintre Mme Thérèse Frère, elle-même résidente de la région.

Le premier d’une série

Connues pour son implication dans la communauté, les éditions David ont annoncé vendredi, lors du lancement, que Raconter Vanier serait le premier d’une nouvelle série qui aurait pour thème: Raconter une communauté.

« On veut souligner l’importance des communautés franco-ontariennes emblématiques », a raconté Mme Véronique Sylvain, l’une des responsables du projet.

Bien que la prochaine édition n’est pas encore confirmée, cette initiative permettra de donner une voix à des communautés et de souligner les différentes initiatives locales pour montrer les communautés franco-ontariennes sous un nouveau jour.

 

Ce que j’en pense

Un livre qui va sans aucun doute conquérir le cœur de tous, des jeunes comme des moins jeunes, des résidents comme des gens de passages. Ceux qui fréquentent cette région depuis longtemps seront heureux de se remémorer des lieux, des moments plus historiques. Les autres auront le plaisir d’aller à la rencontre des gens qui habitent ce quartier, de voir leur vrai visage et leur quotidien.

Un livre rassembleur qui est devenu, en quelque sorte, le cœur d’une communauté.

Un recueil qui, je l’espère, se retrouvera dans les pupitres des jeunes écoliers de ce quartier, mais également dans tous ceux de la région de l’Outaouais, afin que personne n’oublie la richesse d’une communauté.

 

Mon coup de cœur

Dans ce collectif, une histoire est particulièrement venue me toucher, le texte de la jeune auteure Mélina Bouchard intitulé La Balançoire. Racontant la rencontre d’une jeune femme avec une réfugiée de la guerre, cette histoire témoigne de la diversité de Vanier et, malgré tout, de son ouverture. Un moment sincèrement touchant dont voici un extrait.

 

Extrait

La Balançoire de Mélina Bouchard

« Madame, vous prenez le même bus que moi pour rentrer l’après-midi, non? L’autobus numéro 14? »

C’est ainsi que Céleste s’adresse à moi, pour la toute première fois. L’écho d’une voix naïve, aiguë, vibrante de jeunesse et de bonne volonté. Je lui réponds « oui », accompagné du plus beau sourire que je puisse offrir, débordant de tendresse et de compassion. Toutefois, Céleste ne répond pas à mon geste amical. Elle m’observe, sur la défensive, la lèvre inférieure tremblante. À ce moment, je lui donne 20 ans.

« Non, je ne joue pas au soccer. Je n’ai jamais joué au soccer. Dans mon pays, les filles ne peuvent pas. » Je ne réponds rien. Devrais-je lui demander d’où elle vient? Non, c’est une question délicate qui pourrait la rendre mal à l’aise. Je hoche la tête en signe de compréhension. Je serre les poings, penaude, puisque je sais très bien que je ne suis pas entièrement honnête : je n’y comprends rien. Ici, les filles jouent au soccer.

« J’ai 13 ans, et maman me laisse prendre l’autobus seule pour assister à mes cours de français. » C’est vrai que la guerre pille l’innocence, et abat la pureté. Ma petite Céleste est tout juste à la frontière de l’adolescence.

Collectif. (2017). Raconter Vanier. Ottawa : Les Éditions David. p. 226-227

 

Pour avoir un avant-goût

TFO 24.7 a rencontré Lisanne Rheault-Leblanc, auteure du collectif, dans les rues de Vanier pour mettre en lumière son texte Les femmes de Vanier.

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